hommage à Nilar Win

« C’est avec une très vive émotion que nous rendons hommage au coach, grand maître, champion et arbitre international Nilar Win qui nous a quittés hier. Il aurait pu rejoindre un club plus prestigieux mais il avait choisi de rester lié à Viry et à notre MJC.
Tous les soirs et les week-end il se dédiait sans compter à son art et depuis de très longues années il partageait sa passion et ses valeurs avec des centaines de jeunes et d’adultes dans l’atelier de Boxe thaï qu’il animait, au sein de la MJC, en les emmenant souvent vers le sommet. Il a mené très courageusement son dernier combat mais la maladie cette fois a gagné. Nous le remercions pour tout ce qu’il nous a apporté et restera dans notre mémoire.
Très sincères condoléances à sa famille, ses proches et ses nombreux amis.
Tu étais exceptionnel Nilar, repose en paix. »

rétrospective atelier balade 2015


Rétrospective de l’atelier balade du secteur familles de la MJC Centre Social Aimé Césaire de Viry-Chatillon, pour l’année 2015, de bons souvenirs, des moments de plein air, des découvertes inattendues de notre belle région: l’Essonne.

la graille 2 le clip


Ca bouge à la MJC les passerelles de Viry-Chatillon.
Les vacances de la Toussaint 2016 à la MJC Centre Social AImé Césaire furent constellées de stages enfance et jeunesse.Parmi les stages nombreux, l’atelier « images » a donné naissance au clip « La graille 2″, suite du premier clip realisé dans le cadre des apports culturels sur le thème de l’alimentation.Tout est original et le fruit de l’imagination du jeune public: la musique, les paroles et les idées de mise en scène…

2015 vous images

La mJC-CS Aimé Césaire vous propose une illustration en images de l’année 2015 qui fut riche en échanges, émotions et événements.Un grand merci à tous : bénévoles, administrateurs, professionnels, public, à la ville de Viry-Châtillon et aux partenaires.
En route vers une belle année 2016 !

témoignage de Bastien et Laura du 13 novembre

Laura était référente arts plastiques et animatrice au sein de la MJC Centre Social Aimé Césaire, elle nous livre, ainsi que son compagnon, son témoignage émouvant des événements du 13 novembre.

 

Je suis…. Sur cette photo.

Drôle de surprise… Recevoir un mail d’un cousin américain, loin de nous. Il lit les news
en anglais, le daily mail et tombe sur une photo de son cousin avec sa petite amie au milieu
des attentats. Ils sont en vie sur ce carrefour trop bien connu entre les rues Bichat et Alibert.
Ce cousin, c’est moi. Voir cette photo me provoque une sensation étrange. D’abord un haut
le coeur puis doucement avec surprise, je constate que je la trouve de plus en plus belle
et même que je l’aime. Je ne comprends pas pourquoi, je la regarde attentivement, je vois
mon amoureuse, la main de mon amie dans la mienne, mon visage que je découvre dans un
état encore inconnu. J’essaye de comprendre pourquoi je ressens cette beauté et au fur et à
mesure mes sentiments se définissent et s’affirment.
Aujourd’hui, je sais pourquoi j’aime cette photo, pourquoi j’écris ce texte et pour qui je
le fais… Surtout je sais pourquoi je veux vous la montrer.
Ma première volonté est de donner du sens à ce cliché. Je réalise la chance que j’ai, il
faut que je la saisisse. Je suis l’homme sur cette photo, certes, j’aurais préféré être ailleurs mais
ma chance maintenant, c’est que je peux lui donner vie, je peux raconter et vous expliquer
ce qu’il y a derrière. Enfin ! Enfin une image qui va prendre un sens. Je vois mes amis, mes
proches, les gens que j’aime souffrir des évènements. Ils souffrent aussi de harcèlement,
oppressés par les images martelées sans cesse sur leurs consciences, déshumanisées,
vides de sens. Des images crues de souffrance, de misère. Des hommes, des femmes qui
hurlent, pleurent. C’est assez. L’horreur est déjà dans les faits, tout le monde est capable de la
ressentir, personne n’a besoin de voir tourner en boucle des scènes immondes. Je pense que
nous le saurions tous depuis longtemps si cela pouvait nous apporter du réconfort et du bien
être. Quel est l’intérêt? Nous informer? Nous faire peur? Nous dégouter? Eveiller en nous une
compassion sans égale?

Je veux donc donner un sens à cette photo, je veux vous dire que je suis fier, que je n’ai pas
peur, pas de haine, je veux vous expliquer ce que je ressens en me voyant là.
Cette photo est d’abord belle parce qu’elle n’est pas violente, il n’y a pas d’horreur
visible, seul notre esprit peut en créer en la voyant mais elle n’en montre pas. Elle ne montre
pas de sang, pas d’hystérie, tout y est sain et calme. On y ressens à peine l’urgence du
moment et la peur, juste ce qu’il faut pour comprendre que ce ne sont pas les sentiments
qui dominent cette image. Ce qui me frappe en premier, c’est Laura, ma petite amie, elle
est redressée, le buste droit, dans une posture qui la caractérise. Je la reconnais. Elle se
tient les épaules dressées vers le ciel, la tête haute. Ses yeux sont rouges de tristesse et
elle pleure mais son regard ne pleure pas, il est déjà plus loin. Sa main sèche une larme et
l’autre est posée, bienveillante sur le genou de notre amie. Son regard est celui de la femme
que je connais, combattante, solide et obstinée. Obstinée à vivre et à être heureuse malgré
les épreuves et les douleurs. Je suis fasciné par cette présence quelques minutes après cet
évènement. Je l’admire car elle est belle. Elle émane une force qui n’a pas d’égale, elle vient
de survivre et elle survivra, malgré les images et les chocs, à cet instant elle est déjà plus forte
que la terreur. Elle a gagné.
La deuxième chose c’est moi. Je m’observe d’abord comme un étranger. Je me trouve
pâle et mon visage est étonnement creux. Je fais connaissance avec moi même, dans la
situation la plus extrême que j’ai connu. Peu importe, je veux voir plus loin alors je continue, je
scrute. Puis je ressens de la fierté. La fierté de me voir en vie à cet instant, de me voir tenir la
main de mon amie de lui donner toute la force que je peux. Je suis fier d’elle, de son courage
et de sa volonté, elle se bat et elle va gagner, elle sait gagner, elle est forte. Je suis fier de me
voir affronter sans lâcheté cette situation. Mon corps y est impliqué totalement. En me voyant
je ressens une chose étonnante et saine. Je me sens supérieur à ceux qui nous ont fait ça.
Nettement supérieur. Nous le sommes tous et c’est la raison pour laquelle nous ne devons
pas avoir peur. Nous sommes supérieurs et nous avons avec nous une chose qu’ils n’ont plus,
c’est le bonheur, nous avons tellement de choses qu’ils n’ont plus, qu’ils ont égarées sur leur
chemin. Nous avons l’amour, le partage et l’entraide… La liste est interminable… Nous avons
tout, alors ne gâchons rien. Nous pouvons décider de nous aimer, de nous accepter, de nous
comprendre. Décider d’aller vers l’autre et de ne pas exclure.
Nous pouvons aussi décider des images que nous regardons et de notre façon de les regarder.
Nous pouvons décider de voir plus loin et derrière ces images. Je suis donc sur cette photo et
j’en profite pour vous dire qu’elle est belle.
Et si nous décidions aujourd’hui de compter les survivants ?
Pour Alice, Aïda, Ari et leurs avenirs.

Bastien


Je suis sur cette photo et j’ai des choses à vous dire.
Chers lecteurs,
Pas de haine. S’il vous plait pas de haine. Pas de peur non plus. Oui, les évènements
surgissent alors que nous sommes tranquilles, pacifistes, insouciants, joyeux. La soirée est
belle et nous sommes libres de choisir dans quel restaurant nous comptons manger. Le petit
Cambodge est délicieux paraît-il. Nous arrivons après trente minutes de marche. Il est plein
et un peu plus d’une heure d’attente nous repousse dans ce croisement de rues parisiennes.
Alibert et Bichat. Nous sommes cinq amis, bientôt liés par une force dépassant tous nos
espoirs. Les balles inondent soudainement la foule. En une fraction de seconde c’est la
guerre, le sang, les cris, les pleurs, nos amis traversés par les balles, tout au bord de la
mort, dans nos bras. Mais ils ont tenu bon. Ils sont vivants. Et nous, nous avons la liberté de
choisir ce que cet évènement va créer. Comme vous d’ailleurs. Alors pas de haine s’il vous
plaît. Mais de l’humanité, exponentielle. De la compassion. Pour tous les gens qui souffrent,
naturellement, mais aussi pour ces terroristes. Je leur envoie de l’amour, pas pour ce qu’ils
ont fait, mais parce qu’ils cherchent à répandre la terreur et nous leur envoyons l’inverse
absolue afin qu’ils échouent dans leur tentative. Grâce à leur bêtise, nous sommes plus forts,
grandis, nos liens sont décuplés et de plus en plus solides. J’ai peut-être eu plus de mots
d’amour en une semaine que dans ma vie entière. Et c’est là qu’ils ont perdus. Leur tentative
de terreur renforce notre confiance et notre sagesse. Mais pas de peur. Pas de colère non
plus. Au contraire. Ce sont de pauvres gens qui se sont perdus et qui ont tout perdu. Et peutêtre
que parmi eux, des survivants se raisonneront un jour. Ou pas. Mais puisque c’est ce que
je souhaite, je prends cette direction et je leur envoie de bonnes pensées. Je ne veux pas de
violence, donc je ne leur envoie pas de violence. Et j’ajusterai même : je veux de la douceur
donc je leur envoie de la douceur. Je suis sur cette photo et j’ai des choses à vous dire. Nous
avons 25 ans et nous avons compris que chaque épreuve est un cadeau. J’ai perdu un grand
frère dans un accident d’avion il y a treize ans et ma famille a su transformer cette injustice
en un socle stable et solide, qui ne cesse de nous porter plus haut. Nous avons beaucoup
lu, appris et compris. Ca a pris du temps mais nous avons conscience du bonheur de vivre,
et j’ai le coeur gonflé, les yeux grands ouverts, je marche, je respire, j’aime, je savoure, mon
sang coule dans mes veines et mon coeur est chaud. Alors prenez le temps de comprendre
cela s’il vous plait. Et si chacun fait cet effort l’humanité ira mieux.
Laura
pour Alice Aïda et Ari

Articles plus anciens «

» Articles plus récents